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2016-04-23T09:00:03+02:00

Interview de Philippe Cardona et Florence Torta

Publié par Chatons Culture-Framboise
Interview de Philippe Cardona et Florence Torta

Florence Torta et Philippe Cardona sont deux dessinateurs qui ont fait ensemble, entre autres, Rolqwir, Sentaï School, les BD de Noob, Néogicia, Le Blog de Gaea. On peut également les retrouver dans les rôles de Nostariat et Bartémulius dans la série Noob.

 

Lors du TGS Springbreak, tous deux ont eu la gentillesse de répondre à nos questions. Il y a beaucoup d’anecdotes autour de cette interview, nous l’avons commencée dans une salle à interview et finalement nous l’avons terminée sur le stand de Noob, assis par terre en mode feu de camp et marshmallows sans feu de camp ni marshmallows. Sans oublier que Florence a été menaçante, 4 fois ;-).

Nous avons pris énormément de plaisir à faire cette interview. On a vraiment laissé la globalité des réponses, même les petits apartés, pour vous montrer à quel point tous deux sont drôles et géniaux . D'ailleurs, avant même que l'interview commence, on a beaucoup ri en imaginant une interview seulement enregistrée sur téléphone où les gens parleraient uniquement avec les mains ou avec des marionnettes en chaussettes.

 

(Note pour eux deux : un grand merci à vous d'avoir accepté de répondre à nos questions, et finalement elle n'était pas aussi horrible que ça à retranscrire, j'ai surtout fréquemment explosé de rire).

Interview de Philippe Cardona et Florence Torta

1 – Vous travaillez ensemble depuis des années, comment vous-êtes vous rencontrés ?

Florence : A la fac.

Philippe : Ben développe (Rires)

Florence : A la fac, merci, bisous. Non, on s’est retrouvé à faire la même chose à la fac à savoir de l’at plastique et il se trouvait aussi que les hasards de la fac font qu’on avait exactement les mêmes options à savoir le japonais etc. et plusieurs fois on s’est trouvé dans la même file juste on a échangé trois mots en disant « ah tiens t’es là aussi ! ». Au premier cours de japonais, il y a eu deux crétins dans le fond de la classe qui ont sorti une trousse Dragonball et une trousse YuYu Hakusho et qui ont fait « ah ouais toi aussi ! »

Philippe : Je t’arrête !

Florence : Non c’était une Taiyoshi Sozo (ndlr : désolée je n'ai pas l'orthographe de ce mot)

Philippe : J’avais une trousse You’re under arrest et c’est bêtement tout ça parce qu’on était les deux cons à la fac à sortir des trousses manga qu'on a commencé à discuter et on a vu qu’on aimait les mêmes choses et c’est parti de là.

Florence : Ensuite, on s’est monté un petit groupe de potes en rigolant comme ça, on s’est aperçu qu’on avait les mêmes délires et quelques temps après, comme on avait le même amour pour la BD etc., y a eu un jour où on s’est dit « Si on faisait un fanzine » et c’est à partir de là qu’on a commencé à bosser.

Philippe : C’est parce que toi t’avais amené des fanzines justement.

Florence : Ouais moi j’avais des copains qui en faisaient déjà.

Philippe : Elle les avait amené à la fac et on s’est dit « c’est trop bien faut qu’on fasse ça ».

 

2 – Bon du coup ça rejoins la question : quel est votre premier projet commun ?

Philippe : Alors notre premier projet commun c’était le fanzine et c’était L’école des Héros qui était le prototype de Sentaï School

Florence : Est-ce qu’on peut dire la version préhistorique dans le sens où c’était comme une sorte de mammouth ? (Rires) C’est une version Mammouthé de Sentaï School

Philippe : Oui, attends tu veux faire pleurer dans les chaumières c’était en francs, voilà c’était au siècle dernier, la vie était en noir et blanc. C’était des francs, oui monsieur, notre fanzine coutait 10 frs, 1€50 !

Florence : D’ailleurs la vérité c’est que Philippe pour aller à la fac il avait travaillé plusieurs mois à l’usine...

Philippe : A la mine, à la mine !

Florence : Eh oui, eh oui, c’est ton grand-père Mr Javert !

Philippe : C’est ça, ah putain de coup de grisou (Rires).

 

3 – Est-ce qu’il vous arrive de ne pas du tout vous entendre sur un projet ?

Florence : à fond ! (Rires) et en plus on s’engueule vraiment, c’est une horreur !

Philippe : Justement, comme notre règle, vu qu’on fait de la comédie, c’est « faut que ça nous fasse rire tous les deux ». S’il y en a un qui propose un gag et que ça ne fait pas rire l’autre, on ne le garde pas. Il faut vraiment qu’on se marre tous les deux et donc c’est arrivé des fois qu’il y en ait un qui propose un truc, l’autre refuse et il y a vexation.

Florence : Et quittage de pièce en disant « Tu ne comprends rien à l’humour » et là tu pars en comédie française bien sûr en claquant la porte.

Philippe : On le dit souvent en rigolant mais c’est un peu vrai, Sentaï school et toutes nos séries qu’on a écrit ensemble Serge le Hamster de l’Enfer, Rolqwir, on les écrit en s’engueulant. On rigole mais des fois on s’engueule et on se dit les choses vraiment « mais c’est de la merde ce truc que tu fais ».

Florence : Des fois on se dit vraiment, avec un air sérieux, genre on est sur un gag, mettons parce que ça peut tout à fait nous arriver, à base de gaufrette ou de petits pois et en fait « Tu ne comprends pas, ça ne peut pas être comme ça parce que par rapport à la référence du petit pois, ça ne marche pas, tu n’es pas drôle ».

Philippe : Par exemple, pas plus tard qu’il y a trois jours, elle m’a sorti un gag...

Florence : (Rires) ... qu’il a refusé !

Philippe : Parce que je ne comprenais pas, elle me parlait d’un personnage qui était en infiltration, c’était un gentil infiltré chez les méchants et qui disait « Je suis infiltré tel le raisin dans un panettone » et la j’ai dit « non, on ne comprend pas ce dialogue, personne sur terre ne le comprendra jamais » et elle était vexée !

Florence : Alors je lui ai dit « C’est parce que tu ne connais pas les panettones ! »

Philippe : Donc je rassure les gens, ce dialogue ne sera pas dans Sentaï School !

Florence : Il est refusé alors que je tiens quand même à parler de la qualité de la boulangerie italienne et des panettones en particulier. (Merci, tu le noteras – a-t-elle rajouté en un ton menaçant et agressif mais justifié [Rires]).

 

[Ensuite un store a cassé l’ambiance].

 

4 – Sentaï School a longtemps été en pause faute d’éditeur, aujourd'hui grâce à Olydri, vous êtes en train de faire le tome 6, comment vivez-vous le renouveau de cette saga ?

Florence : Il faut se dire que quand on n’a pas eu d’éditeur exactement c’est parce qu’on ne pouvait pas légalement avoir d’éditeur. On avait un problème de droits qui nous a lié et c’est vrai que les contrats, il faut toujours faire attention à ce que l’on signe. Quand on signe un premier contrat, on se dit « mais non tout se passera bien » après on sait que ça se passera mal mais c’est vrai qu’on était vraiment pieds et poings liés pendant plusieurs années. Après le fait est qu’on fait partie de l’équipe de Noob, on fait la BD Noob avec Fabien etc. donc ça coulait tellement de sources de bosser ensemble qu’on ne s’est même pas posé la question, du moment qu’on a récupéré les droits, on en a parlé avec Fabien qui nous a dit « Ah ouais je trouve que c’est hyper trop bien » donc c’est bon dans la semaine c’était lancé. C’est une grosse affaire d’entente.

Philippe : Après tous les problèmes qu’on a eu justement avec un éditeur, on s’est dit « tant qu’à faire, Olydri c’est une vraie maison d’édition, voilà, on n’est pas des amateurs mais il y a le côté ‘on est avec des potes’ et on sait qu’il n’y aura pas de coup de couteau dans le dos cette fois », il y a vraiment une question de confiance.

Florence : On sait avec qui on bosse et c’est vraiment bien.

Philippe : C'est aussi un pari sur l’avenir que l’on fait nous, Olydri c’est une maison qui se lance mais on y croit, on se dit que c’est une boite qui va grandir, qui va prendre de l’importance et voilà si Sentaï peut-être dans les premiers titres ben tant mieux.

 

5 – Et si Sentaï marche et Olydri aussi, est-ce qu’après vous envisagez de continuer Tome 7, Tome 8, est-ce que vous avez des idées pour la suite ?

Philippe : Ah ouais nous on a toujours dit en rigolant, même à l’époque où on a lancé la série, si on peut en faire, si ça peut-être la pléiade et qu’il peut y avoir 20 ou 30 tomes, on le fera après on verra si on a la santé mais nous, le principe sur Sentaï School, enfin sur toutes les séries que l’on a fait ensemble, c’est que tant que ça nous fait rire, on continue. Donc tant que ça nous fera marrer, qu’on pourra faire des blagues crétines, on continuera et là en écrivant le tome 6, on a déjà des idées pour un tome 7.

Florence : Après voilà, c’est aussi une question de public bien entendu, il faut aussi que les gens nous suivent et ne viennent pas en disant « il est vraiment très très mauvais votre livre », [conscience de la chose], tu vois avec peut-être même un ton menaçant auquel cas on serait bien embêté.

Philippe : Non ça c’est toi le ton menaçant !

Florence : Oui ça c’est moi, moi je suis en réponse menaçante bien sûr, c’est comme ça que ça se passe (Rires).

 

6 – Quel est votre personnage préféré dans Sentaï School et pourquoi ?

Philippe : Alors nous on a chacun nos personnages préférés et on a ceux qu’on a en commun. Donc moi dans mes personnages préférés, il y a les deux filles, Bibi et Vipère, parce que ce sont des personnages que j’adore dessiner déjà et aussi parce que je trouve qu’on a créé des filles, même si c’est des archétypes parce qu’on est dans la parodie, qui ne sont pas des filles faciles dans le sens 'c’est pas des cruchasses', ce n’est pas l’archétype de la fille qu’il faut aller sauver. Toutes les deux, elles ont un caractère bien trempé, Vipère c’est une sacré peste, Bibi c’est la fille qui est timide mais qui quand même ne se laisse pas faire et qui a son petit caractère. Je les aime bien, elles ont leur caractères, elles sont très envahissantes et sinon j’aime beaucoup Ken Eraclor aussi pour ses théories.

Florence : Personnellement, Ken Eraclor, j’écris ses théories parce que moi-même je vis dans la théorie dans la vie, j’aime bien faire des théories qui ne veulent rien dire.

Philippe : Pour ceux qui connaissent la série, vous voyez les théories de Ken Eraclor, il faut savoir qu’elle les sort au quotidien, elle pense vraiment comme ça !

Florence : Ah oui, oui, oui, oui, oui. Je pense comme ça, voyez, une anecdote dans ma vie, je vais chez le dentiste, il me dit « faites attention vous allez un peu saigner », j’ai craché du sang j’ai fait « regardez je suis dans un clip de black métal » et il m’a dit « Rincez-vous la bouche » (Rires) mais ça m’a trop fait rire.

Philippe : Son truc c’est de dire de la merde aux gens en permanence !

Florence : Ouais je sais pas pourquoi, ça me prend comme ça ! Après c’est vrai que moi j’aime beaucoup Hongo, parce que j’aime bien justement les perso un peu ténébreux et quand je l’ai créé, je l’ai créé comme ça et d’ailleurs du coup parfois je m’engueule avec Philippe en disant « Ah non, Hongo il ne peut pas faire ça, tu lui gardes un petit peu son style, là ça va bien ! » et après on a des personnages qui sont un petit peu notre panthéon et qui sont un bonheur à scénariser tellement ils sont n’importe quoi c’est Stratéquerre et MatBan.

Philippe : C’est nos deux Joker !

Florence : Stratéquerre il est merveilleux, il me fait rire moi-même.

Philippe : Stratéquerre c’est un bonheur à écrire, c’est la caricature du méchant mais on ne sait plus s’il est méchant, c’est un bon gars, il a sa manière de penser à lui et honnêtement il va être assez présent dans le tome 6. L’épisode 1 est entièrement écrit, on a aussi toute la structure de qu’il va y avoir après et Stratéquerre va avoir sa place dans l’histoire, encore plus que d’habitude parce que c’est vraiment notre personnage préféré, c’est celui qui marche le plus sur l’humour absurde. C’est un gentil crétin (Rires).

Florence : Après MatBan j’ai envie de te dire tu ne le sais pas mais il est toujours là et ça du coup c’est bien. [Merci, Argumentation + 2 (Rires)]

Philippe : MatBan c’est un concept !

 

7 – Donc du coup, on va plus partir sur Noob, comment avez-vous été amené à jouer dans Noob ?

En chœur : Grâce à Sentaï School !

Philippe : C’est vrai, il faut savoir que si vous connaissez l’historique de Noob, avant d’être la Web-Série, ils faisaient déjà des films amateurs, toute l’équipe faisaient des Final Quest, Lost Level et c’était l’époque où nous on faisait Sentaï School dans Coyote Mag et les premières versions des albums et il y avait plusieurs membres de l’équipe qui connaissaient Sentaï School et qui étaient fans.

Florence : Et donc on avait en dédicace, alors c’était très rigolo parce que je le connaissais dans la vie, j’ai rencontré Tenshirock et on a tout de suite super sympathisé et tout parce qu’il est juste merveilleux Tenshi, c’est le plus génial du monde.

Philippe : Parce que c’est impossible de ne pas aimer Tenshirock, c’est vraiment notre super pote.

Florence : Donc je l’avais déjà rencontré et puis un jour il est venu en dédicace avec Heimdäl et puis ils ont discuté un petit peu, ils nous expliqué qu’ils commençaient une nouvelle Web-Série puis la deuxième fois qu’ils reviennent ils nous disent « à propos du coup, vu que la web-série commence, vous savez dans l’équipe tout le monde aime bien Sentaï, vous ne voudriez pas nous faire un dessin ? »

Philippe : J’avais vu les premiers épisodes de Noob sur Nolife, j’avais bien aimé parce que j’aimais bien le délire justement, je trouvais que c’était osé pour quelque chose d’amateur et sans moyens d’oser le parti pris de faire de la Fantasy, de sortir et tourner en milieu naturel parce qu’en général dans des trucs tournés en amateurs, tu tournes souvent en intérieur dans ta chambre, ton bureau ou ton salon quoi, là il y avait vraiment des trucs osés et j’aimais bien cet esprit-là et l’humour aussi et j’ai dit « ben ouais je vais vous faire un dessin » et toi (à Florence) tu ne l’as pas mis en couleur, vilaine bête ! [Rires et Air Menaçant 2 de Florence]. Donc j’ai fait le dessin, je l’ai donné à Fabien, on a commencé à s’échanger des mails, lui il a partagé le dessin sur les réseaux Noob, la communauté était en train de se former et ça a tourné extrêmement vite et nous pendant ce temps, on discutait avec Fabien, on a vu qu’on avait à peu près les mêmes délires et là il nous a dit « Ecoutez, on a besoin de guests pour un épisode, est-ce que vous voulez venir tourner ? »

Florence : et en fait, parce que tout est lié, c’est ça qui est très rigolo, il nous appelle, il nous dit « est-ce que vous voulez venir tourner ? » alors nous on fait « Ben écoutes, si y a besoin, pourquoi pas ». Bon déjà on arrive, il nous sort nos perso, on fait « Ah ouais quand même ! Sinon ça va l’amitié, c’est bon !?» (Rires)

Philippe : Oh on n’était pas encore vraiment amis (Rires), on se connaissait que depuis quelques semaines..

Florence : C’est vrai que c’était super rigolo, il nous sort des perso etc. donc on se dit « Bon ok, c’est cool » en puis les tournages ont fait qu’on est devenu de plus en plus potes et puis un jour,  en soirée pizza, on rigole et on dit « en fait, ça serait pas trop bien de faire une BD de Noob ? » mais vraiment comme ça. Fabien il fait « très bien ». Genre deux jours après on reçoit trois pages de scénarios « j’ai fait du scénario, bisous » ; « mais Fabien d’où sors-tu ? » (Rires). Donc nous on fait « Ben OK »

Philippe : Et l’anecdote qui est très drôle c’est que les premiers tomes c’est des gags en une page. Donc Fabien avait écrit 3 pages, je les dessine, Flo a mis les trois en couleur et on avait pris rendez-vous chez Soleil pour leur montrer le projet. Comme tous les deux on y travaillait depuis plusieurs années, que c’est un éditeur qui est de Toulon, on voulait tous les 3 que ce soit là-bas parce que c’est un peu notre éditeur de cœur. Quelques temps avant le rendez-vous, on est en Convention à Dijon, et il y a la conférence et Fabien qui commence à dire « Mais d’ailleurs, Philippe et Florence sont dans la salle et ils vont faire la BD Noob qui va sortir aux éditions Soleil » et il avait imprimé les pages que j’avais envoyées par mail et il commence à les passer dans l’amphi et nous on était la « Mais … Je … » 

Florence : « Mais Fabien, on a rendez-vous chez Soleil dans deux semaines, on n’en sait rien »

Philippe : C’est ça qui est génial avec Fabien, il a tellement confiance, c’est super fun

Florence : Et on a vraiment signé deux semaines après mais, parce qu’il y a toujours un effet kiss cool dans ces histoires à tiroir, on le signe, on est à bloc sauf qu’à l’époque, le patron c’était Mourad Boudjellal qui maintenant est le patron du RCT, c’est vraiment un mec dans l’action et tout et donc du coup il nous dit « Ok les cocos, je vous signe mais ce qu’on va faire c’est que dans 3 mois je veux deux tomes » alors on l’a fait.

Philippe : Non, non en fait ils nous ont piégés, c’était pire que ça. On va pour signer le contrat, on était fin novembre - début décembre et il fait « D’accord mais il faut que le tome sorte en mars-avril », nous on est là « ouais trop bien… Attends, pour que ça sorte en mars-avril, il faut le rendre en janvier ? » - « Oui ! ». Donc le premier tome on l’a fait en un mois et demi, on a failli mourir et tout.

Florence : Tous les trois on ne dormait plus c’était une terreur

Philippe : Et au moment où on finit le tome 1, ils nous disent « Ce serait quand même génial que le tome 2 il sorte à la Japan Expo ». Nous on fait « Ouais, Japan Expo, trop bien… Attendez c’est début juillet donc il faut rendre … ». Et en fait on a fait le tome 2 en 2 mois.

Florence : Et tous les trois c’est le moment où on en rigole en disant « on a brulé notre cosmos à jamais » (Rires). Mais effectivement c’est la question à tiroir mais absolument tout ce qu’on a pu faire comme ça est lié.

 

[Changement de lieu pour l’interview, direction le stand Noob, lors de ce changement, Florence a usé d’un troisième ton menaçant]

 

8 – Qu’est-ce que vous pensez des personnages que vous jouez dans Noob ?

Florence : Ils sont à la hauteur de notre personne, c'est-à-dire dégueulasses (Rires)

Philippe : Je ne peux pas dire mieux

Florence : Voilà j’ai gagné en une phrase, merci. Non mais là où ils me font délirer, [Philippe : ah tu vois ça aurait pu être court, ça aurait pu – Florence : cet homme est mort] c’est qu’ils sont horribles mais on a les meilleures quêtes et on sauve vraiment le monde… Puissance.

 

9 – Vous n’êtes pas acteur de formation, est-ce que ça a été compliqué de le devenir et de s’intégrer à l’équipe de Noob ?

Philippe : Alors pour moi non, parce que, alors la réponse de merde on va dire, je faisais un peu de théâtre quand j’étais petit mais vraiment en amateur, truc de quartier mais j’avais déjà appris à apprendre des textes, à les réciter, à les déclamer, à être sur scène, même si c’est un public de quatre personnes, avec un public, donc pour moi ça allait, je ne dis pas que je suis un bon comédien mais au moins j’avais déjà un peu cette habitude tandis que Flo, ça a été dur pour toi.

Florence : Moi c’est moins évident parce que je dois dire que je fais une phrase et je dis « non, non, non excusez-moi c’est très mauvais, je reprends » et je le fais 18 fois. Donc en plus au bout d’un moment je n’ai plus vraiment la mémoire, je fais « ah non mais je me suis trompée dans le texte » et c’est affreux. Non, honnêtement, on a un truc de bien avec Noob c’est qu’on arrive quand même à pouvoir bosser, reprendre nos scènes etc. quand ça va pas, Fabien il a toujours la patience de nous attendre donc ça fait plaisir donc maintenant je n’aurai pas la prétention de dire que je suis comédienne, il y a des gens dont c’est le boulot.

Philippe : Oui voilà, c’est quelque chose qu’on n’oublie jamais et tout le monde dans l’équipe en a conscience, on est tous amateur et voilà c’est ce que dit Florence, il y a des gens dont c’est vraiment le métier d’être comédien, nous on sait qu’on est total amateurs. 

 

10 – On l'a déjà évoqué tout à l'heure, concernant la BD de Noob est-ce que vous pouvez nous en dire un peu plus sur sa création, qui a eu l’idée vraiment de partir là-dessus, avez-vous autre chose à ajouter ?

Philippe : C’est vrai que c’est ce qu’on a dit tout à l’heure, ça a été un truc vraiment naturel, ce qu’on peut dire c’est que ça n’a jamais été le produit commercial genre  « Oh la la, y a la série télé, ils ont fait une BD pour vendre ». Non ! Ce qu’on expliquait tout à l’heure, ça nous est vraiment venu entre nous, c’est un délire de potes, c’est vraiment entre deux parts de pizzas et une partie de PlayStation on s’est dit « Est-ce qu’on fait une BD ? Allé ouais chiche ».

Florence : Après ce qui est cool, c’est que Fabien lui il avait vraiment envie de raconter des choses en plus, nous l’univers il nous plait donc du coup on avait vraiment envie de mettre en dessin tout ça donc c’est juste qu’on est tous les trois à bloc, là on est en train de reprendre le 11 et en fait on est tous les trois hyper contents, c’est un boulot de malade et pourtant on est content et on espère que les gens prennent du plaisir à le lire.

 

12 – Comme vous travaillez sur les deux formats, BD et Mangas, sur quel format vous préférez travailler ou sur lequel c’est plus facile de travailler ?

Florence : Je ne sais pas si on peut dire qu’il y a quelque chose de plus facile, parce qu’en gros chaque format va t’apporter quelque chose. Moi en fait, j’aime bien pouvoir jongler entre les 2 parce que quand je fais du format manga, je travaille plus le scénario, donc moi ça m’intéresse d’être de ce côté-là, et forcément en BD Franco-Belge là par contre j’ai ma liberté sur le travail des couleurs etc. donc j’aime bien faire les deux, je ne me pose pas vraiment la question et quand j’arrive à alterner là c’est vraiment cool.

Philippe : Ouais c’est vrai, c’est ce que je réfléchissais pendant qu’elle répondait, c’est pas qu’il y en a un qui est meilleur que l’autre mais ça nous permet d’alterner et moi je suis quelqu’un qui se lasse très vite, je m’ennuie très vite donc c'est une chance de pouvoir passer d’un format à un autre, même là d’avoir fait Néogicia, le Blog de Gaea qui sont aussi des BD au format franco-belge, mais dans un style totalement différent ça fait que je peux me renouveler, essayer des trucs différents. Si je faisais que du Noob ou que du Sentaï School même si j’adore ces séries, je sais que je me lasserais au bout d’un moment et c’est important pour moi que je m’amuse sur un projet.

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